un peu de lecture

  • les lectures du mois de Mars

    Billy se bile, Anthony Browne

    Je remercie mon amie la collectionneuse de papillon d'avoir mis en place le principe du casier surprise: tous les vendredi, nous partageons avec une troisième collègue un album jeunesse et un Dvd pour nos enfants ou nous. Cette idée est géniale, quel bonheur, le vendredi matin d'ouvrir son casier et d'avoir presque comme un cadeau à l'intérieur.

    Bref, j'arrête de digresser et vous présente ce bel ouvrage que mes filles ont adoré. C'est l'histoire de Billy qui fait plein de cauchemar, il a plein de tracas dans sa tête et pour s'en débarrasser sa grand mère lui parle des poupées tracas qui portent vos soucis pour dormir apaisé et tranquille. Ce livre a beaucoup plus à ma Nine qui est une petite fille très anxieuse et qui se questionne déjà beaucoup sur le monde dans lequel elle vit.  Elle a même ien envie d'en fabriquer des poupées tracas alors, j'ai pris l'idée et je verrai comment le mettre en place.

  • Les lectures du mois de février

    Au bonheur des familles de Carlos Fuentes, traduit de l'espagnol par Céline Zins et Aline Schulman chez Folio

    C'était le premier tirage de ma book jar et ce fut une déception.Je ne me souviens d'ailleurs plus où je l'ai acheté, si je l'ai choisi seule ou conseillée par cette libraire qui est toujours de bon conseil pourtant.

    Carlos fuentes nous propose une plongée dans les portraits de 16 familles qui reflètent la société mexicaine actuelle. Et bien à en lire ces nouvelles, elle n'est pas belle la société mexicaine. C'est le portrait des vices et défauts, des relations gangrenées par la peur, la jalousie, l’appât du gain... Je n'ai pas accroché, je n'avais pas envie ce mois ci d'une littérature qui nous dépeint (parce qu'on a les défauts cités) dans notre triste réalité.

    Je n'ai pas aimé les chœurs qui répondent à la nouvelle, rédigés en vers grossiers.

    "je suis moins  qu'une vomissure de chien, qu'une crotte de mule, qu'un poil du cul, qu'une savate abandonnée, qu'une pêche pourrie qu'une peau de banane noircie" je vous passe les dix vers qui suivent qui sont encore pire.

    L'avantage tient dans le fait que comme ce sont des nouvelles, si l'envie me prend de le reprendre là où je me suis arrêtée, je peux, je n'ai pas perdu le fil de l'histoire. Ensuite, je ne critique pas le fait que c'est un excellent écrivain, les nouvelles que j'ai commencé ont toutes étaient terminées dans la journée: à un moment donné du récit, les personnages sont précipitées dans une histoire qui ne leur appartient plus vraiment et on a absolument envie de savoir la suite.

    Allez, il me reste six nouvelles, je devrais réussir à le terminer!! Je n'aime pas ne pas terminer un livre.

     

    Immortelle Randonnée, Compostelle malgré moi, Jean Christophe Rufin, éditions Guérin, 2013

    Dans cet ouvrage, Jean Christophe Rufin, nous livre les péripéties de son chemin de Saint Jacques de Compostelle dans le dénuement le plus total. Il traite du pèlerinage du rêve à la réalité. Il évoque donc l'idée qu'au delà de l'exploit sportif, c'est bien un pèlerinage, au sens spirituel du terme que nous impose le chemin de Saint Jacques. Il délivre une image loin de l'écrivain, de l'intellectuel, propre et beau sous tout rapport.

    J'ai aimé bien évidemment l'écriture, mais j'apprécie toujours les romans de Jean Christophe Rufin, mais aussi la description d'une aventure qui met l'homme à mal.J'ai autour de moi eu des témoignages de Saint Jacques comme un exploit sportif, comme le rêve qu'on s'en fait: beaux paysages, belles rencontres, grande introspection..., Je vous renvoie d'ailleurs au film Saint jacques La Mecque qui entretient le même mythe. Il est vrai qu'aujourd'hui, ce pèlerinage revêt un caractère plus sportif que spirituel chez certaines personnes qui s'y engagent. Jean Christophe Rufin nous rappelle la réalité: la frugalité, la solitude, les paysages de banlieues de villes, les bords de routes, les villages en ruines et déserts. C'est pour moi ce qui fait le bonheur de ce livre. Il est honnête avec son histoire et du coup avec son lecteur qui pourrait être déçu, mais au contraire, j'ai tout particulièrement apprécié cette sincérité.

     

     L'album des jujux pref de pref du mois de Février est Mon monde de 1 à 1000 et bien plus encore de Coralie Saudo et illustré par Mayana Itoïtz aux édition les Ptits Bérêts qui est une maison d'édition béarnaise (on fait marcher l'économie culturelle locale tant qu'à faire)

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    Il a terminé chez nous parce que les filles se demandent jusqu'à combien on peut compter. ma réponse à l'infini ne les a pas convaincu et pourtant c'est la vérité. Du coup cet album leur a apporté une réponse un peu plus poétique, les chiffres puis les nombres sont personnifiés puis rapportés à des dates, des expressions, des chiffres clés comme on dit et même si c'est un achat qui a une semaine on a déjà du le lire 21 fois. C'est l'avantage pour elle d'être en vacances, elles trouvent toujours une âme familiale bienveillante qui finit par leur lire, même si elles l'ont fini 10 minutes avant avec quelqu'un d'autre!

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  • les lectures de janvier

    Rien de tel en hiver que de se mettre dans son canapé sous un plaid avec une bonne tasse de thé et un bon bouquin. Ce mois-ci, je vous propose deux albums jeunesse et deux livres adultes et jeunesse aussi et la moitié conseillée par mon amie, la collectionneuse de papillon.

    Pour le premier, la petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon aux actes Sud.

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    Il s'agit de l'histoire de Nadia Comaneci, une championne de gymnastique roumaine, médaillé olympique à Montréal en 1976 avec pour la première fois un 10. Bon moi je ne savais pas qui c'était donc je suis allée voir sur internet et plus particulièrement sur la chaine Youtube Olympics. Effectivement elle est impressionnante, mais bon pour moi toutes les gymnastes sont impressionnantes. 

    Ce livre n'est pas une biographie, c'est plutôt l'histoire d'un auteur fasciné par un destin de vie hors norme, celui de cette petite gamine qui rafle tout, qui semble être une machine à médaille. Elle fascinait, elle émerveillait tout une génération de jeunes filles qui se sont par la suite élancées dans les airs au dessus des poutres et des barres asymétriques. L'auteur faisait sans doute partie de ces petites filles. Au départ, j'avais envie de lire ce livre, parce que je suis toujours intriguée et fascinée par cette recherche de la perfection dans les sports artistiques, le modelage des corps pour arriver au geste parfaitement beau. Un travail qui existe aussi dans une de mes passions, la danse classique. Mais finalement, de ce côté là je suis un peu restée sur ma faim.

    J'ai beaucoup  plus aimé le cheminement de l'auteur pour retracer la vie de Nadia, pour essayer de comprendre, de décoder ses non dits, ses silences, ce qu'elle ne veut pas qu'on sache dans sa préparation, dans ses relations avec le parti communiste, avec son entraineur, avec ses coéquipières. Il y a donc deux histoires dans ce roman, celle de cette petite communiste qui ne souriait jamais et celle de l'écrivain en difficulté face à ses sources humaines, historiques et d'inspiration.  

    Enfin le dernier point qui m'a paru intéressant de ce livre, c'est le miroir des deux blocs,  ce qu'on voit par le trou mité du rideau de fer à l'est comme à l'ouest. On idéalise, on caricature, on embellit, on enlaidit les situations qui sont comme bien souvent bien plus complexes que ce que le premier regard nous laisse entre apercevoir.

     

    pour le deuxième,

    -Tant que nous sommes vivants, Anne Laure Bondoux,  Gallimard jeunesse

    Quelle magnifique couverture n'est ce pas, ce théâtre d'ombre et de lumières qui résume si bien la vie des deux héros de ce livre.

    La vie nous oblige à savoir qui nous sommes et d’où nous venons pour avancer. Une belle histoire d’amour entre Bo et Hama, un amour pur et intransigeant sans concession et sans pardon qui se brise, d'un coup et qui du coup nous abandonne à nous lecteur, alors que leur fille unique Tsell reconstruit cette histoire, son histoire en partant sur les traces de ses parents, dans ces mondes où ils se sont tant aimés où ils se sont tant promis sans doute trop, accompagné par Vigg son âme sœur.

    Une belle histoire de résilience aussi. Quand tout va mal quand on a touché le fond on ne peut que repartir, redémarrer et faire de belles rencontres.On a tous une force au fond de nous qui nous permet de rebondir, il faut seulement savoir la saisir.

    Ma petite critique est très personnelle, la littérature jeunesse s’embarrasse pour moi toujours de créatures, de phénomènes étranges qui me mettent toujours mal à l'aise, que je juge obsolète pour mon avancement dans l'histoire et ce fut le cas dans ce roman aussi. 

     

    On passe maintenant aux albums.

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    pour le premier, il s'agit de Je suis un papillon de Vincent Cuvellier chez Gallimard jeunesse avec les illustrations de Sandrine Martin.

    Il est sublime; c'est l'histoire d'un papillon qui nait et qui meurt dans le jardin des Hoffmann. Ils sont juifs dans les années 30 en Allemagne. Rien ne le dit dans le récit, mais on le suppose. C'est donc l'histoire d'une fête qui va tourner au drame sur une journée. Point l'histoire s'arrête là.
    Mais ce qui fait la force de cet album, c'est que nous savons ce qui s'est passé, après, pour les Hoffmann et les 6 autres millions de victimes de l'idéologie nazie.

    IL FAUT LE LIRE!!

    pour tout vous dire, je l'ai lu seule et je n'ai pas eu envie de lire à mes filles que j'ai voulu préserver un peu de la barbarie dont peuvent être capables les hommes. 17 victimes de terrorismes ça suffit, comme explication de l'horreur pour le mois de Janvier.

     

    enfin pour terminer, Abris d'Emanuelle Houdart aux éditions les fournis rouges, conseillée par la collectionneuse de papillons, je vous renvoie au bel article qu'elle avait fait sur son blog à son sujet.

    Je vous propose juste nos illustrations identificatrices, toujours très révélatrices. je l'avais déjà fait ici.

    pour Auriane

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    Auriane a aimé celle-ci, elle s'endort toujours avec trois ou quatre albums dans son lit éparpillés autour d'elle dont toujours un barbapapa

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    Celle de Maritxu parce qu'ils s'aiment comme papa et maman

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    Pour moi celle-ci parce que j'adore les bains aux huiles essentielles, le thé est ma boisson préféré, et le pinceau représente mon côté manuel caché et secret (pas tant que ça parce que je dévoile tout ici) et tout ceci m’apaise et me rend heureuse. 

    Au mois prochain pour nos prochaines lectures et vous qu'avez vous lu?

     

     

  • beaux livres des vacances: La France, terre et et temps

    Bon dans ma note de dimanche dernier, je vous signalais des nouveaux posts et bien voici le premier. Il s'agit de mes lectures personnelles. je me suis longtemps freinée là dessus, en me disant non ne t'éparpilles pas, les gens viennent ici pour voir des travaux d'aiguille. puis après tout, j'ai aussi envie de partager ça donc allons y gaiement. Pour commencer, je vais vous parler de deux beaux livres comme on les appelle: les "lourds", avec de sublimes images qui ont occupé une partie de mes vacances. Je tiens à préciser que je lis souvent ces livres pendant les vacances parce qu'au vue de la taille, c'est impossible de les feuilleter au lit et que du coup j'adore déjeuner avec quand j'ai le temps soit pendant les vacances. C'est mon petit plaisir du matin

    Ce n'est pas fait exprès mais  les deux sont liés à la discipline que j'enseigne, le premier concerne la géographie et le second l'histoire.

    Il s'agit d'abord de La France de R Depardon aux éditions du seuil. Il s'agit du catalogue de l'exposition qu'il avait réalisé à la bnf en 2010. J'aime beaucoup les photographies de Depardon, elles témoignent pour moi d'une France que j'affectionne, celle des contre territoires, celles où le temps est plus lent, l'activité moins grisante, de ces périphéries par lesquelles on ne se définit pas et qui pourtant font parties de nos espaces de vie ou au moins de "nos espaces vécus", parce qu'on les habite, on les parcoure soit pendant les vacances, aller rendre visite à la famille, soit même pour y vivre (les campagnes périurbaines).

    Ces photographies sont le résultat d'un périple dans la France du début du XXIè siècle. Il voulait photographier le territoire français seul avec une chambre 20*25. L'objectif est de montrer les conséquences de l'explosion urbaine dans les périphéries et dans les espaces isolés. Pour moi, c'est la continuité logique de son travail effectué sur les espaces en voie de désertification.

    Peu d'hommes, que des paysages:juste la conséquence de nos choix d'aménagement, de pratiques de l'espace. En tant que géographe de formation, il aborde à travers ces prises de vue, des problématiques que j'aimais tout particulièrement, telles que comment fait-on pour être un territoire visible et si ce n'est pas possible en vue ou désiré?  et qu'advient-il des territoires que l'on cache, qui feraient tâche sur la page d'accueil d'un site web des offices de tourisme? ils sont dans la France de Depardon.

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    Pour le deuxième livre, on part dans les souvenirs des cours d'histoire de Daniel Picouly

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    Nos histoires de France, D Picouly aux éditions hoëbeke

    Il s'agit d'un beau livre qui regroupe les affiches des cours d’histoires des années 50 à70 et au travers desquelles Daniel Picouly raconte son histoire de France et les souvenirs de son enfance avec beaucoup d’humour. Un parfum d’une école suranné où le maître était respecté, admiré parfois moqué et où l’histoire était celle des gaulois, des troupes napoléoniennes et des heures de gloire de la révolution française. Une histoire pleine d’humour. 

    Ce qui m'a beaucoup plus d'abord, c'est que je suis convaincue que nos cerveaux allient toujours la mémorisation d'un grand évènement de l’histoire à une anecdote. Je me souviens exactement, mais en vrac, de la main posée du garçon assis devant moi sur la cuisse de sa voisine quand j'ai appris l'abolition des privilèges, du hamster récemment acheté par une camarde de classe (oui mon lycée était en face d'une animalerie) en train de gigoter dans son sac, pendant la lecture d'une des plus belles scène d'Alfred de Musset dans On ne badine pas avec l'amour.  Même pour une histoire plus contemporaine, pour le  11 septembre 2001, Je me rappelle de l'annonce radio pendant le petit déjeuner des 3- 6 ans au centre aéré, de mes parents devant les images de la chute du mur de Berlin, de la réflexion de mon parrain devant l’apparition à la télévision des candidats au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002 et de mon stylo rouge qui s’est levé et qui s’est arrêté le 7 janvier  face à l’annonce de l’attentat à Charlie Hebdo.  

    Ensuite, j'aime beaucoup voir que l’histoire qu'on enseigne est aussi le reflet d'une époque, d'un message que les programmes ont envie de faire passer. Bref sans m'étendre, je me suis faite une petite analyse historiographique de ces affiches qui par ailleurs sont belles. j'en ai en attente d'encadrement dans mon bureau.

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    un village gaulois

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    Une représentation de Molière à la cour de Louis XIV

  • book jar

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    Je vous présente l'une de mes résolutions de l'année: faire diminuer mon stock de bouquins en attente de lecture. ce que les blogueuses littéraire appellent la PAL.
    Pourquoi utiliser le principe de la cantine, pour lire. D'abord ça m'a permis de faire le tour des bouquins en attente et j'en avais quand même 26!! Je me suis même rendu compte que j'en avais un en double pour vous dire. Ensuite parce que parfois j'ouvre ce placard et comme je ne sais jamais lequel prendre, je le referme et pars m'en acheter un autre, ou si quelqu'un m'enconseille un ou m'en prête je lis celui-ci et laisse tomber mes pérégrinations dans mon placard à livres non lus.

    Ensuite, je trouve ça plutôt sympa le principe du hasard qui va me guider vers une lecture. Je tiens à préciser que pour vraiment piocher au hasard, je vais confier la tâche de la main dans la jarre à mes filles.

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    Je me suis fixée l'objectif d'en lire la moitié 13. Affaire à suivre, vais-je arriver à tenir ce pari personnel et complètement inutile je vous l'accorde mieux que les ouvrages d'aiguilles à terminer. Affaire à suivre.